S’il y a bien un sujet délicat à traiter, surtout pour un juif, c’est bien celui de Jésus. J’ai néanmoins
décidé de m’y atteler. J’imagine que je ne vais pas me faire que des amis, ni dans la communauté juive, ni parmi les catholiques, et encore moins chez les sceptiques qui considèrent que les codes
de la Torah sont aussi fiables que les codes qu’on pourrait imaginer dans "Harry Potter" ou dans "Guerre et Paix". Tant pis.
J’ai essayé de proceder de la manière la plus scrupuleuse et impartiale possible, autrement dit, en injectant tous les mots et
concepts qui, à priori, lient Jésus au Christianisme comme au Judaïsme.
La personnalité de Jésus est, qu’on le veuille ou non, centrale, or le sujet a été souvent occulté par les rabbins et autres
penseurs juifs, qui, par peur, pudeur ou pour toute autre bonne/mauvaise raison ont préféré aborder le sujet du bout des lèvres, voir ne pas l’aborder du tout. L’Eglise quant à elle a tout
simplement expurgé du Midrach et du Talmud toutes les références directes ou indirectes à Jésus. A ma connaissance, seul le rabbin Steinzaltz a réintégré dans le texte du talmud les passages
censés parler de Jésus.
La première difficulté consistait à définir le nom de Jésus en hébreu. Finalement, j’ai décidé de chercher dans deux
directions : Jésus de Nazareth Yéshu Minatsrat et Jésus le Nazaréen Yéshu Hanotsri. Précision: Hanotsri en hébreu
fait référence au mot chrétien et non à la ville de de Nazareth.
Ces deux noms figuraient bien dans la Bible; le premier, une seule fois (Juges 21:4 à Samuel 18 :11) et le second à quatre
reprises. Pour Yeshu Hanotsri, je me suis concentré sur la matrice qui commence dans le Lévitique (20 :11) et qui se termine dans Rois II (3:26) . Le démarrage du nom dans le
Pentateuque a notamment justifié le choix de cette matrice plutôt que des trois autres.
Les matrices sont longues et plutôt illisibles; pour leur donner un minimum de lisibilité, je les ai découpées en
tranches qui suivent la démonstration qui reposera essentiellement sur la matrice de Jésus le Nazaréen.
Jésus et Marie.
La mère de Jésus, Marie, est on ne peut plus présente. Marie figure une première fois à l’horizontale, au dessus de son fils et
une seconde fois croise son nom. ,
Marie en hébreu provient de Myriam. Or ce qui est fabuleux dans cette matrice est que Marie est intégrée dans Myriam,
pour bien nous faire comprendre que les deux prénoms sont identiques et que Jésus le Nazaréen est aussi bien le fils de Marie que le fils de Myriam. Par honnêteté, j’ai cherché le mot
betoula qui signifie vierge et je ne l’ai pas trouvé. Pas de trace non plus de Joseph, que j’ai cherché scrupuleusement dans plusieurs matrices. L’importance prise
par Marie/Myriam au dessus et à travers Yéshu Hanotsri m’a semblé suffisante pour authentifier Jésus, d’autant plus que Marie et Myriam figurent également dans la matrice de Jésus de
Nazareth.
Jésus, le révolté
A l'extrême droite de la matrice, se croisent les mots révolte, méréd et Rome. Mieux
encore, le M de Méréd est le même que le M de Rome. Manifestement Jésus se révolte contre Rome, sachant que ce n’est évidemment pas la puissance romaine qui se révolte ; elle aurait
plutôt tendance à réprimer la ribambelle de révoltes qui ont éclaté avant Jésus et après lui. J’ai, bien entendu, cherché les mots Sanhédrin, Esséniens, Saducéens, Pharisiens, Juifs, Pâques,
Pons Pilate…. et je n’ai absolument rien trouvé, comme si la Bible ne retenait que la révolte de Jésus contre Rome et rien d’autre, à ce stade.
Rome réagit contre la révolte en crucifiant Jésus.
A droite de la tranche précédente - la matrice se lisant de droite à gauche - les mots Rome et/ou Romain
jouxtent le mot Tslav qui signifie croix. Tout commentaire est superflu. La puissance romaine semble infliger à Jésus une punition barbare, largement répandue à cette
époque, la crucifixion. Le fait que l’on puisse lire aussi bien Rome que romain, indique que c’est une personne physique et non une entité impersonnelle qui exécute la sentence. Pas de trace
d’une quelconque intervention des juifs, comme le veut une certaine tradition, qu’ils soient pharisiens ou saducéens.
Jésus, Messie ?
Pour être totalement impartial, j’ai cherché, comme le veut la tradition chrétienne, le mot Messie et j’ai l’ai trouvé.
Le mot Mashia’h figure en bonne place à la droit de Jésus. J’ai également cherché l’équivalent en hébreu de faux messie soit Mashia’h Chékér et j’ai
également trouvé le mot Chékér, soit mensonge, à deux endroits ; l’un à la suite immédiate du mot Messie et l’autre en diagonale, droite gauche, traversant le mot
Mashia’h. Qu’en penser à ce stade, si ce n’est que les deux traditions, juive et chrétienne retrouvent leurs petits. Pour les chrétiens, la présence du mot Messie associée à Jésus est
naturelle et à la limite banale, pour les juifs qui ont, de tous temps considéré que Jésus était un faux messie ou Mashia’h shékér, la présence du mot shékér conforte leur point de
vue.
Messie des Minim ?
Continuons vers la gauche, c'est-à-dire vers Jésus le nazaréen. J’ai repris la tranche de matrice précédente en l’enrichissant
de deux mots qui sont Minim et Levana et qui méritent quelques explications. Levana a deux significations, lune et brique. J’oublie la lune pour
m’attacher à la brique qui renvoie à un passage fameux du Talmud dans le Traité Sanhédrin. On y parle d’un Maitre nommé Ben Pra’hia qui avait un élève qui s’appelait Yéshu
Hanotsri soit Jésus le Nazaréen/Chrétien. Sans revenir sur toute l’histoire, précisons qu’un différend majeur oppose Le Maître à l’élève qui, dépité quitte son Maître, saisit une brique et se
prosterne devant elle. Ce passage du Talmud figure, bien sûr, parmi ceux qui ont été censurés par l’Eglise. Pourtant il semble que quelques dizaines d’années séparent Ben Pra’hia de Jésus.
Peu importe, la brique ou la symbolique qu’elle évoque sont importantes et méritaient d’être identifiées.
Minim est un mot peu délicat en hébreu pour désigner, entre autres, les Chrétiens. Sans aucun rapport
avec "minime ou minimum". Selon certaines sources, Minim désigne tout simplement les premiers chrétiens, sans connotation péjorative. Il semblerait donc, d’après la disposition des mots dans la matrice, que Jésus le Nazaréen soit le Messie des Minim.
A droite de Jésus le Nazaréen on trouve Brit Chnia qui signifie Deuxième Alliance. En fait j’ai cherché
"Nouveau Testament" et trouvé "Seconde Alliance", surmontée à nouveau de la brique ou Levana qui croise Jésus. En quelque sorte il semblerait que Jésus placé au milieu ait
apporté ou symbolisé la seconde alliance pour les Minim situés à sa droite.
La lecture de droite à gauche de la matrice globale, que je renonce à reproduire parce que complétement
illisible, montre une progression qui commence avec la révolte de Jésus contre les Romains et se termine par une Seconde Alliance qu’il aurait apportée aux Minim ou premiers
chrétiens, selon la terminologie hébraïque.
J’ai cherché, en vain, une vingtaine de mots, directement liés à la tradition chrétienne ou essénienne : Golgota, Via
Dolorosa, Magdalena, Jean Baptiste, Pape, Vatican, Fils de lumière et Fils de l’obscurité… et n’ait absolument rien trouvé qui lie Jésus à la Chrétienté ou aux Esséniens. Cette absence de
référence à l’Eglise s’apparente à l’absence de référence aux groupes ou tendances juives de l’époque de Jésus.
La plupart des informations apparues dans la matrice Jésus le Nazaréen se retrouvent dans la matrice Jésus de Nazareth. Cette
dernière néanmoins fait mention, bien sûr, de la ville de Nazareth mais aussi de Bethléem ou Beit Le’hém, ce qui n’est pas neutre.
Jésus, en hébreu peut s' orthographier de deux façons différentes: Yéshu en trois lettres (Youd chin vav) et Yéshoua en quatre lettres ( youd
chin vav aïn) qui signifie « sauveur ». La seconde appellation est généralement adoptée par les chrétiens, alors que la première renvoie à la tradition juive. Je me suisdonc livré à quatre recherches, qui pourraient faire bondir certains d’entre vous, mais la règle d’objectivité que je
m’impose est essentielle si on ne veut pas être taxé de partis pris. J’ai cherché : Yeshua ha mashia’h, Jésus le messie -Yeshua ben Yosef, Jesus fils
de Joseph - Yeshua ben Myriam, Jésus fils de Marie et même Yéshua ben haélokim, Jésus fils de D.
Deux appellations sont sont introuvables dans le code : Jésus fils de Joseph et Jésus fils de D.
Deux appellations apparaissent clairement : Jésus le messie et Jésus fils de
Marie.
Comme dans la matrice précédente, Jésus le messie est associé au mot shékér, mensonge ; à deux reprises au moins, une à travers du nom et l’autre en diagonale en haut à gauche. Rome, croix, Marie/Myriam, figurent
ég
alement dans la matrice complète. En prolongement du mot shékér, à gauche, on trouve le mot
TANA qui est le terme par lequel étaient désignés les Sages à l’époque du Talmud. Est-ce à dire que Jésus était du niveau des Tanaïm mais qu’il professait des enseignements
considérés comme mensongers ? Cette thèse trouve un écho chez certains qui affirment que Jésus aurait été un Talmid Hakham, un érudit, ayant étudié avec
des maîtres prestigieux,dont Ben Par ‘hia mais que ses enseignements n’étaient pas vraiment cacher, au goût des Tanaïm/Pharisiens. Ce qui est parfaitement conforté par le Nouveau
Testament qui rapporte l'abandon par Jésus de la cacherout, le service au Temple....
La matrice qui désigne Jésus par Yeshua ben Myriam, possède la plus grande
probabilité statistique de toutes les matrices. On pourrait la qualifier comme la matrice de base. Or ce qui est époustouflant, c'est qu’elle confirme tout ce qui a été trouvé - et
pas trouvé - dans les autres matrices. Absence, remarquée, de Joseph et toute référence au christianisme et, au judaïsme de cette époque. Jésus est le fils de Marie/Myriam ! Point à la
ligne. Il a été crucifié par les Romains parce que rebelle !
On pourrait croire que le code simplifie à l’extrême le problème. Mais si on croit aux codes de la Torah, ce qui est devenu mon
cas au fur et à mesure des cas étudiés, il faut prendre les informations qui se dégagent dans les matrices telles
qu’elles sont et s’en contenter.
Quelles conclusions peut-on tenter de dégager à la lumière des 6 matrices où Jésus figure, sous différentes appellations,
toutes valables ?
Joseph, le père présumé, n’est mentionné dans aucune d’entre elles. Or Yoseph, en hébreu, comporte quatre lettres,
donc autant que Myriam ou Marie ; ce n’est donc pas un problème statistique. A l’époque de Jésus, les hommes étaient désignés selon le nom du père ; exemple son maître supposé
Yeshua ben Par’hia. Jésus fait exception. Il serait possible de rechercher le père sous d'autres noms; le Talmud fournit quelques pistes. Mais ce serait là l'objet d'une autre
étude.
La filiation maternelle est dominante puisqu’elle apparait dans les six matrices étudiées.
Jésus ne se rattache à aucune religion ou tradition existante ou postérieure. Aucune référence au christianisme et
une légère allusion au judaïsme à travers le mot Tana. Il est bien sûr possible de poursuivre les recherches. Mais nous nous contenterons pour l’heure des résultats proposés.
Jésus est associé au mot "messie", croisé avec le mot Shékér (mensonge), mais pas dans toutes les matrices et
pas dans la matrice la plus probable : Jésus fils de Myriam. Les juifs pourraient prétendre que c’est un messie mensonger et à l’usage des seuls Minim, ou pour simplifier, des premiers
chrétiens. Les chrétiens devraient se contenter de sa qualité de messie ; qu’il soit associé ou non au mot shéker, mensonge, n’est pas leur problème.
Cette étude est la seule à ma connaissance qui ait été faite sur Jésus dans le code de la Bible. Je l’ai voulue aussi impartiale que possible, ce qui n’est pas évident. Vos commentaires sont
les bienvenus.